Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

A Marine, avec amour

Je dédie ce texte à tous ceux qui ont perdu un être cher un 17 juillet. Je vous envoie plein d'amour.
04/05/2019
 
Hier, j’étais debout sur la plage, je regardais la marée monter de manière inexorable.
 
J’étais fascinée par ce spectacle et chaque fois que l’eau me léchait les pieds, je reculais d’un pas.
 
Je pensais à la vie, à ma vie.
 
Je pensais à la mort, à celle d’une amie chère partie trop tôt au mois de juillet dernier.
 
Et je m’imaginais que je la verrais, là, marchant sur l’eau, venant vers moi.
 
Eh non.
 
Pas d’amie en vue, pas de fantôme sur la mer.
 
Juste moi avec mes pensées et mes envies de merveilleux.
 
Comme les éléments qui font ce qu’ils ont à faire, la mort est inéluctable et nous attend… quelque part sur le chemin. On peut l’imaginer, la personnaliser, la grande faucheuse.
 
Je me suis souvenue de mon amie, de sa sérénité à l’approche de la mort, comme elle nous rassurait, tous, nous qui l’aimions et l’aimons encore.
 
Elle avait peur, bien sûr. Ce qui se passe après, même si certains nous racontent qu’ils en sont revenus, on ne le sait pas. On a beau croire en une vie après la vie, ou ne pas y croire, on a peur. On a peur surtout de ne plus être. Moi, c’est ce qui me terrifie avec l’idée de la mort, de ne plus être. Il ne restera de nous que des souvenirs dans la tête de quelques personnes en fonction de notre notoriété, des objets qui leur parlerons de nous, des photos.
 
Et puis, pour nous qui écrivons, resteront nos écrits. Nous voulons, que nous l’admettions ou non, parce que cela nous paraît un peu prétentieux, laisser une trace, une trace supplémentaire, même dérisoire.
 
Laisser une trace, c’est important pour certains, d’autres s’en fichent un peu, ils se contentent d’être là et de prendre soin des autres, même pendant qu’eux-mêmes sont malades, même quand ils sont aux portes de la mort. C’était le cas de mon amie, qui était désolée de nous faire souffrir, comme si sa souffrance n’était pas plus importante que la nôtre.
 
Je ne sais pas ce qu’elle a trouvé. Je ne sais pas si elle a même trouvé quelque chose. Je ne sais plus ce qu’elle m’a dit de la façon dont elle imaginait la mort, ce dernier jour où nous nous sommes parlé à cœur ouvert. Trop de larmes…
 
Je ne sais plus si l’une de nous a dit qu’après, c’était probablement le néant. Je ne crois pas que l’une de nous l’ai dit.
 
La plus grande peur, c’est ça, je crois, c’est de se dire qu’avant, nous n’existions pas et qu’après, nous retournerons à cette inexistence.
 
La nuit, quand je suis seule, je crois à tout un tas de choses et un bruit bizarre pourrait me faire avoir une crise cardiaque.
 
Mais quand je réfléchis, je ne crois pas en grand-chose. La vie, c’est ici et maintenant.


17/07/2020
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