Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Le réveil des Sorcières

Je crois que le 21ème siècle sera le siècle des femmes, celui du réveil du féminin après des siècles de silence.

 

Oui, je sais ce que certain.e.s diront : que les femmes sont bavardes. Inconscient.e.s que vous êtes de ce que c’est que de pouvoir prendre la parole comme on brandit une arme, d’être écoutée, de ne pas être interrompue, de parler à sa propre place sans que l’on essaie de mettre des mots dans votre bouche.

 

Le silence des femmes, le vrai silence des femmes, celui des acceptations qui réduisent peu à peu à néant est en train de prendre fin.

 

Ce sera encore long mais ça arrive, c’est en marche.

 

Les Sorcières sont de retour, vous savez, les Sorcières, celles que l’on a brûlées (le « on » étant des hommes) pendant la Renaissance.

 

Ces femmes étaient des femmes savantes, elles connaissaient le pouvoir des plantes et soignaient gratuitement (leurs patients leur donnaient ce qu’ils voulaient ou pouvaient). Je me demande d’ailleurs si c’est une trace de cela que l’on retrouve aujourd’hui dans le fait que celles qui soignent et prennent soin sont si mal reconnues, si mal rémunérées alors que ce qu’elles font a une valeur inestimable ; les sorcières étaient des femmes jeunes (des petites filles parfois) ou des vieilles femmes, elles se sentaient libres de dire ce qu’elles avaient à dire sans se soucier de plaire ou de déplaire, elles étaient des épouses râleuses, gênantes, les sorcières exerçaient les métiers qu’elles voulaient et les noms de ces métiers étaient mis au féminin sans que cela gêne les académiciens, elles parlaient non pas pour ne rien dire mais pour se plaindre d’une agression, d’un viol, d’un mari volage ou violent.

Environ 80 000 femmes auraient ainsi péri durant l’Inquisition.

 

L’objectif sous-jacent a été atteint, terrifier les femmes afin qu’elles se silencient, qu’elles encaissent, qu’elles acceptent d’être dominées.

 

Tous les deux jours, en France, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ex conjoint. Un compteur terrifiant a été mis en place pour tenir le compte de ces féminicides.

 

https://www.franceinter.fr/societe/comment-le-compteur-des-feminicides-instaure-par-des-militantes-est-devenu-une-reference

 

25% de salaire en moins que les hommes.

 

https://www.franceinter.fr/economie/cinq-chiffres-pour-comprendre-les-inegalites-de-salaires-entre-les-femmes-et-les-hommes

 

25 % de cinéastes sont des femmes en France et on est plutôt bien loties par rapport au reste du monde.

 

https://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2015/en-france-il-y-a-25-de-femmes-realisatrices-aux-etats-unis-moins-de-10,126656.php

 

53 femmes ont été nobélisées contre 866 hommes depuis l’invention de ce prix.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_des_femmes_dans_l%27attribution_du_prix_Nobel

 

Les décideurs sont des hommes (blancs) de plus de 50 ans, une photo postée par Christine Lagarde fait polémique actuellement.

 

EQUIPE LAGARDE.jpg

 

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/a-la-bce-lagarde-presente-son-equipe-100-masculine-20191116

 

Avant, quand on se plaignait, nous, les femmes, on nous tournait en dérision, on relativisait nos remarques, on se moquait de nous, on nous faisait comprendre que l’on disait n’importe quoi.

 

Aujourd’hui, cela devient de plus en plus compliqué de nous asséner cet argument massue et de nous inciter à nous taire, à relativiser en nous laissant entendre à mi mots que, finalement, si nous réussissons moins bien que les hommes à nous imposer, c’est peut-être parce qu’ils valent mieux que nous.

 

Les femmes sont plus sujettes au syndrome de l’imposteur que les hommes, vous savez cette idée que l’on n’est pas à la hauteur malgré les diplômes engrangés, malgré les compétences reconnues, on se demande bien pourquoi.

 

On a beau critiquer les réseaux sociaux, ils font bouger les lignes surtout dans le domaine des violences faites aux femmes.

 

Porter plainte auprès d’un policier avec toute la difficulté qu’implique cette démarche en l’état actuel de la formation de ceux qui prennent les dépositions dans les commissariats est une démarche très éprouvante comme le montre le documentaire « Elle l’a bien cherché » :

 

 

 

Et au moment où j’écris ces lignes, les choses se précipitent avec cette interview de l’actrice française Adèle Haenel sur la chaîne Médiapart :

 

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître a priori, s’exprimer sur les réseaux a plus de force que d’aller déposer une plainte dans un commissariat.

 

Comme le dit Adèle Haenel à un moment de son interview, il s’agit d’affirmer notre sororité, de parler pour que ce qui nous est arrivé ne puisse plus arriver à d’autres, de nous soutenir entre femmes parce que non, les femmes ne passent pas leur temps en vaines disputes et en crêpage de chignon, nous nous épaulons, peut-être pas encore assez pour que cela se transforme en une action concertée mais la conscience monte et nous sommes en train de nous réveiller. Ça gronde et ça va faire du bien à l’humanité.

 

Sorcières de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud, réveillez-vous !

 

L’une de mes tantes m’appelle « la Sorcière », j’en ai tellement l’habitude que je n’y fais plus attention et que je ne sais plus pourquoi elle me surnomme ainsi.

 

Peut-être que les choses prennent sens avec le temps...

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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Sandra Ganneval, écrivaine indépendante

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27/11/2019
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