Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

#CORONAVIRUS, ces anciens qu'on laisse mourir

Drôle d’année 2020.

 

Un mois de janvier sous le signe des grèves contre la réforme des retraites. Des Français ont marché pour se rendre à leur travail. Ils se sont fait les mollets. Ils ont covoituré. Ils ont joué du système D. Et des Français ont manifesté, ils se sont battus. Pour rien. Le gouvernement n’a pas cédé. Il a utilisé ce que certains ont appelé un LBD législatif : le 49.3 qui permet de faire passer en force une réforme. Ce qui a le plus choqué, c’est que le 49.3 a émergé là où il n’avait rien à faire, lors d’un Conseil des ministres consacré à la crise du Coronavirus.

 

De blablas rassurants en blablas affolants, de prenez le métro, allez à l’école, au travail et ailleurs sans crainte à « Attention, danger, confinement ! » et « Non, mais vous pouvez quand même aller voter. », on a fini par vraiment demander au plus grand nombre de rester à la maison sous peine de verbalisation.

 

Aussi, nous voilà, depuis la mi-mars, confinés pour la première fois de notre vie pour la plupart d’entre nous.

 

Une mesure de confinement.

 

Restez chez vous.

 

Restons chez nous.

 

Pour préserver le personnel soignant, surtout.

 

Pour parer à la pénurie de masques, de lits, de respirateurs, de personnel, nous restons chez nous. Le message a fini par passer malgré les discours contradictoires même si l’Etat ne semble pas prendre soin de tous ses citoyens de la même façon. Les premières lignes qui rappellent la chair à canon de la première guerre demeurent mal protégées et j’ai mal pour eux.

 

Je me sens triste et en colère et je ne suis pas la seule à éprouver ces sentiments. Je pense à des proches chères qui sont caissière, aide à domicile, infirmière, aide-soignante, qui sont exposées au virus tous les jours et qui ne sont pas protégées comme il le faudrait.

 

Je suis triste et dégoûtée par les mensonges de nos gouvernants.

 

Les masques ne sont toujours pas là en quantité suffisante pour tous les soignants.

Car en attendant, ce sont les soignants, les aidants qui s’infectent et craignent d’infecter chaque jour et qui vont travailler avec la boule au ventre.

 

Où sont les blouses ?

 

Où est le gel hydro alcoolique ?

 

J’ai vu que des pharmaciens en fabriquaient dans une rue, dans laquelle ils avaient installé un camion laboratoire, on se serait cru dans la série « Breaking bad », d’ailleurs, on croirait quand on voit cela que l’on n’est pas en France, la sixième puissance mondiale mais dans un pays pauvre où aucune structure ne serait adaptée, n’aurait pu être réquisitionnée, sauf la rue.

 

Où sont les tests ?

 

À Marseille, à l’IHU Méditerranée, toute personne qui se présente est testée et si elle est positive, le traitement préconisé par le docteur Didier Raoult, un antipaludéen associé à un antibiotique lui est proposé. À l’IHU Méditerranée, ils parviennent à fabriquer des tests, ils sont dans l’urgence, ils veulent dépister, soigner les gens, ils veulent faire leur job de médecin en période de crise, à savoir, une période où trop de gens meurent à cause du virus.

 

Et d’autres professionnels de la santé semblent continuer à observer ce qui se passe à travers des jumelles, ou comme si c’était un jeu vidéo ou la guerre virtuelle que l’on nous a tant vantée, celle qui ne fait que des dégâts collatéraux, vus sur un écran, on appelle ça des bavures.

 

Quand on fera les comptes, comment nos dirigeants appelleront-ils ces morts que l’on aurait pu éviter ?

 

La majorité de ces morts seront nos vieux dont on ne prenait déjà pas tant soin.

 

En octobre 2018, je ne sais pas si vous vous en souvenez, une jeune femme dénonçait ses conditions de travail dans un EHPAD, sa souffrance quotidienne. Et elle s’était fait virer par son employeur pour avoir témoigné dans un reportage de « Envoyé spécial ».

 

 

 

 

En 2017, François Fillon, en pleine campagne pour la présidentielle, visitait un EHPAD, les aides-soignantes se plaignaient de leurs conditions de travail, de ne pas pouvoir s’occuper correctement des patients, faute de temps, faute de personnel, de leur fatigue face à des heures de travail à rallonge, de leur détresse parce qu’elles ne faisaient pas leur travail avec l’humanité avec laquelle elles auraient aimé le faire, François Fillon, froid, implacable, leur répliquait qu’elles allaient devoir travailler plus.

 

 


 

Et moi, dont la mère a été aide-soignante, je me souviens qu’elle me racontait les mêmes histoires  de personnel insuffisant pour un trop grand nombre de résidents, elle est à la retraite depuis plusieurs années et les problèmes sont restés les mêmes, rien n’a changé, la situation n’a pas évolué d’un iota. Je pense souvent à son dos et à son genou fracassés par ce travail physique, difficile qu’elle a toujours fait avec beaucoup de dévouement car, souvent, celles qui font ce métier le font avec cœur.

 

Je ressens de la tristesse et de la colère face à l’attitude des politiques que sont Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Olivier Véran, Sibeth Ndiaye, pour ne citer que ceux-là, ils me font penser à des robots, des gens qui disent ce qu’ils doivent dire, l’important, c’est qu’ils se protègent quitte à travestir les faits ou à les interpréter d’une façon qui les dédouane. Ces discours creux et à rallonge qu’ils nous servent régulièrement m’écœurent, on les dirait indifférents au fond, au sort des personnes réelles, vivantes, celles qui sont sur le terrain. J’aimerais qu’ils passent leurs journées au front comme dit notre cher président qui se prend pour un chef de guerre face à un ennemi microscopique. Mais non, ils se comportent comme tout bon généraux, ils sont à l’arrière des troupes et à l’abri.

 

Ce mois de mars fut étrange. Les évènements qui l’ont jalonné furent étranges.

 

Ils mettent une ponctuation inattendue dans nos vies routinières. Ils nous obligent à nous arrêter et à nous poser des questions que nous n’avons pas l’habitude de nous poser. Ils nous a poussent à nous demander ce que sera l’après confinement, ce à quoi nos vies vont ressembler, car il paraît difficile de voir tout reprendre comme avant.

 

Il y aura un avant et un après mais nous ignorons à quoi cet après va ressembler. Les cartes ne sont pas encore distribuées.

 

 

 

Sandra Ganneval, écrivaine indépendante

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02/04/2020
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