Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

La couleur qui ne se nomme pas

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Pendant des années, j’ai eu du mal à écrire des histoires parce que je m’interrogeais sur la couleur qu’auraient mes personnages.
 
Je ne sais pas à quel âge il m’est apparu que, dans les romans, lorsque les personnages étaient blancs, leur couleur de peau n’était pas précisée d’emblée, en revanche, lorsqu’un personnage était noir, métis ou asiatique, l’auteur l’annonçait, sa couleur, comme une partie intégrante de sa personnalité.
 
Je crois que c’est le titre d’un livre, « L’enfant noir » de Camara Laye qui m’a fait prendre conscience de ça.
 

 
Avant, je ne me posais pas de questions.
 
On n’a pas de mal à s’identifier à un héros quelle que soit sa couleur de peau. En tout cas, moi, habituée que je suis depuis mon enfance à m’identifier à des héros ou des héroïnes blanc.h.e.s, je n’ai aucun mal effectuer cet exercice.
 
Cela pose plus question dans l’autre sens. Quand les gens qui ont la couleur qui n’a pas besoin d’être nommée doivent faire l’exercice de s’identifier à quelqu’un qui n’a pas la même couleur qu’eux.
 
Je me souviens d’une conversation légère (ceci dit sans ironie), l’un de mes interlocuteurs désigne quelqu’un qu’il a rencontré il y a peu en disant « un Black » et, guettant ma réaction, il enchaîne, en jouant sur le mot noir en français et en anglais, l’usage de l’anglais étant présenté comme une quête de neutralité comme si le mot Noir était une insulte. Je pense que pour beaucoup de Blancs, il l’est car il renvoie au mot nègre qui est une référence directe au colonialisme et à la période esclavagiste.
 
Après réflexion, je me suis dit que le problème n’était même pas cette mise à distance en utilisant un mot anglais à la place d’un mot français, le problème était que si la personne qu’il avait rencontrée avait été blanche, il l’aurait désignée soit par son sexe, soit par son nom mais pas par sa couleur.
 
On ne dit pas « oui, untel, le Blanc » mais on dit « oui, untel, le Black (ou l’Asiatique ou le Rebeu ou le métis) ». On ne dit pas non plus « oui, unetelle, la Blanche » mais on dit « oui, unetelle, la Black (ou l’Asiatique ou la Rebeu ou la métisse). »
 
Et dans les livres, finalement, c’est la même chose que dans la vraie vie.
 
Je me suis parfois livrée dans mes écrits de fiction à l’exercice particulier de ne laisser traîner aucun détail donnant un indice sur la couleur de mes personnages. J’imagine que dans ce cas, le lecteur les imagine blancs alors que dans mon esprit, ils auraient plutôt ma propre couleur de peau.
 
Je me souviens qu’il y a eu une polémique concernant la distribution d’un spectacle de « Harry Potter », une actrice noire était envisagée pour jouer le rôle d’Hermione, elle a d’ailleurs été retenue. Pour certains, le personnage d’Hermione est un personnage blanc et ne peut être jouée par une femme noire. L’auteure, JK Rowling, est intervenue dans le débat et a tranché : Hermione pouvait très bien être noire, elle n’y voyait aucune invraisemblance.
 
Et vous ? Vous êtes-vous déjà posé ce genre de questions ? Les personnages des livres que vous lisez, leur attribuez-vous d’emblée une couleur ou attendez-vous qu’elle soit clairement énoncée pour les imaginer ? Je suppose que ce genre de questionnement est lié à la couleur de peau du lecteur…
 
J'en parle dans cette vidéo
 
Sources :
 
 
 
 
 
Psssssst…
 
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Sandra Ganneval, écrivaine indépendante

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04/11/2019
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