Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Le racisme est un problème systémique

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Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public
 
 
Le racisme n’est pas un problème individuel, le racisme est un problème systémique.
 
Je vais le réécrire pour que vous vous mettiez ça bien dans la tête, vous qui me lisez : le racisme n’est pas un problème individuel, c’est un problème systémique.
 
Si des policiers blancs peuvent arrêter et tuer des hommes noirs en pleine rue, en plein jour, sans que personne n’intervienne, c’est parce que le système le leur permet. C’est parce qu’ils savent qu’ils s’en sortiront, qu’ils seront acquittés ou condamnés à une faible peine car on leur trouvera des circonstances atténuantes.
 
Dans tous les cas, ils savent que le système les protègera, les dédouanera et leur permettra ou permettra à d’autres de recommencer.
 
L’homme noir délinquant et/ou violeur est une invention de l’homme blanc.
 
Elle est réellement née, aux Etats-Unis, après l’abolition de l’esclavage.
 
Je trouve que c’est une belle projection, au sens psychanalytique du terme.
 
À l’époque, les délinquants, les violeurs étaient en majorité blancs.
 
Les Noirs étaient déjà exposés à la violence des Blancs du fait même de leur existence alors ils avaient plutôt tendance à éviter de faire ce genre de conneries, à se faire le plus discrets possible.
 
Définir le Noir en tant que voleur et violeur (surtout violeur, violeur de femmes blanches, évidemment) avait un objectif bien précis. Il s’agissait de le voir rester à sa place de corvéable à merci. Et ça a bien marché.
 
Aux Etats-Unis, les prisons sont privées, ce sont de véritables entreprises.
 
Les Noirs y sont majoritaires et ils y travaillent pour des clopinettes.
 
Main d’œuvre bon marché, un système esclavagiste qui ne dit plus son nom mais perdure.
 
Que vaut la vie d’un Noir pour un policier blanc, aux Etats-Unis ou en France ?
 
Les meurtres de Noirs lors d’arrestations ont remplacé les lynchages. On ne lynche plus les hommes noirs pour les crimes qu’ils sont censés avoir commis, on les tue, et ce sont des représentants de la loi qui le font.
 
On ne va plus assister à un lynchage comme on le faisait dans les années 40/50/60 aux Etats-Unis, on ne regarde plus les Noirs se faire émasculer, écorcher, brûler, pendre, comme on regardait jadis des gens être suppliciés sur la place publique.
 
Il paraît que le mot pique-nique vient de ces rassemblements organisés autour de lynchages d’hommes noirs, on disait « to pic a nigger » et ce serait devenu pique-nique. Je ne sais pas si ça tient le coup sur le plan étymologique mais le fait que quelqu’un ait pensé à faire le lien en dit beaucoup.
Les Blancs ont institué le rejet de l’homme noir en système, la politique y participe, la justice y participe, la police y participe, l’économie y participe…
 
La question : « Comment faire pour en sortir ? » appelle une réponse : « Le système doit changer », chaque élément du système doit être remis en question. C’est ce que rappelle chaque meurtre d’un homme noir par des policiers blancs : le racisme n’est pas un problème individuel, le racisme est un problème systémique.
 
 
 
 

Sandra Ganneval, écrivaine indépendante

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31/05/2020
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